Carothèque océanique

Cette collection est éminemment vivante et continue d'accueillir régulièrement de nouveaux et nombreux tronçons de carottes sédimentaires puisque le matériel archivé sert de support à la compréhension des changements climatiques globaux.

L’UMR EPOC (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux) déploie depuis de nombreuses années un large effort d'acquisition et de valorisation d'archives sédimentaires marines. Cette action est soutenue par les moyens mis en œuvre, en mer, par les instances nationales et internationales, ainsi que les travaux conduits au sein d’EPOC.

Le matériel ramené des campagnes océanographiques à EPOC constitue une collection d’archives sédimentaires (on parle de carothèque) dont la finalité est de regrouper, conserver, gérer et fournir des sédiments aux différents demandeurs (vocation internationale importante).

Accéder aux archives de l’océan pour mieux prévoir le futur

Anticiper le devenir du climat terrestre est un enjeu sociétal qui passe par la compréhension des mécanismes hydrologiques et atmosphériques enregistrés (notamment) dans les sédiments marins. La fiabilité des prévisions climatiques à plus ou moins long terme passe, de façon incontournable, par cette compréhension. En fait, ces carottes contiennent les clés pour la modélisation du climat futur.

À l’heure actuelle, le développement de missions océanographiques apporte annuellement dans la carothèque océanique plus de 500 mètres linéaires de sédiments, conservés et mis à la disposition de la communauté scientifique. Une grande partie de cette carothèque est réfrigérée (4 °C) pour permettre une bonne conservation des sédiments et ainsi éviter une pollution bactérienne ou fongique et leur dessèchement. À ce jour, environ 6.400 m de sédiments correspondant à plus de 560 prélèvements effectués dans tous les océans du globe (Atlantique, Méditerranée, Indien, Pacifique, Arctique et Antarctique) sont répertoriés, informatisés et stockés. Ces carottes sont des cylindres de sédiments, récupérés à des profondeurs d’eau allant de 500 à 4.500 m.

C’est à partir de ce matériel irremplaçable(1) et onéreux dans sa collecte que la communauté scientifique (locale et extérieure) applique, entre autres, des méthodes d’analyse chimique associées à l’observation de microfossiles contenus dans les sédiments. Il permet, par exemple, la reconstitution des températures qui régnaient à des époques lointaines (milliers à millions d’années). Chaque prélèvement correspond à une moyenne de 6 h de ‘temps-bateau’ ; sachant que le coût moyen des 24 h de mission en mer est d’environ 30.000 €, on comprend aisément l’intérêt, non seulement scientifique, mais également financier de conserver de telles archives en bon état.

(1) Par la qualité de leur enregistrement sédimentaire, certaines carottes représentent des séquences sédimentaires de référence, uniques, amenant de nombreux paléoclimatologues (français et étrangers) à solliciter auprès de notre laboratoire, des échantillons sédimentaires de ces carottes.

Mise à jour le 03/02/2014

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Laurent Londeix

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